Carloctavisme

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Le "carloctavisme" (parfois simplement appelé "octavisme") est un courant politique espagnol issu du carlisme.

Il doit sa naissance à la disparition sans descendance directe du dernier prétendant carliste "historique" Alfonso-Carlos (1849-1936 ou Charles XII). Ce dernier avait pris soin de désigner, non pour lui succéder, mais pour assumer la Régence de la Communauté carliste, le Prince Xavier de Bourbon-Parme, qui s'afficha de plus en plus comme l'héritier de la tradition carliste que comme son régent.

Le Sang de Carlos VII

En parallèle à ces prétentions naissantes, un autre candidat à la succession carliste fit son apparition, le Prince Carlos- Pio (Charles-Pie) de Hasburgo-Toscana y Borbon, fils de Doña Blanca (1868-1949 ou Blanche de Castille de Bourbon) et de Léopold Salvator de Habsbourg-Toscane (1863-1931). Doña Blanca (Blanche de Castille) était la fille aînée du roi "carliste" Carlos VII (ou Charles XI de France).

Les règles de dévolutions espagnoles sont connues pour être "semi-saliques". C'est à dire qu'elles ne permettent pas aux femmes de régner mais n'empêchent pas la transmission de la couronne par celles-ci. C'est en vertu de ce principe que le Prince Carlos-Pio (Carlos VIII) de Hasburgo-Toscana y Borbon pu revendiquer la succession légitimiste et légitime du carlisme.

Contrairement à une idée largement répandue, notamment par les Princes de la lignée des Bourbon-Parme, les prétentions à la succession carliste de Carlos-Pio de Hasburgo-Toscana y Borbon ne sont pas nés sous l'impulsion de l'entourage du général Franco pour diviser le courant carliste. Elles sont bien plus anciennes et antérieures à la guerre civile comme à la victoire franquiste. A la mort sans postérité du roi "carliste" Jacques Ier Jaime en 1931, il apparait très clairement à de nombreux carlistes que la question de l'héritage carliste va se poser rapidement. Le successeur de Jacques, Don Alfonso-Carlos (Charles XII) était âgé de 82 ans et n'avait pas d'enfants...

Pour l'immense majorité des carlistes, se rallier à la branche cadette incarnée par le Roi Alphonse Ier/ XIII d'Espagne, appelée à devenir aînée, serait une hérésie politique au regard des différences doctrinales qui séparent violemment les carlistes des autres monarchistes espagnols. C'est alors que dès juin 1932, lors d'une réunion carliste à Toulouse, une fraction carliste ultra-catholique (les cruzadistas ou les croisés) animée par Don Lorenzo Sàenz, , lancent le nom et la candidature du Prince Carlos-Pio de Hasburgo-Toscana y Borbon. Soit quatre années avant le début de la guerre d'Espagne et de l'avènement progressif de Franco.

Organisés autour du mouvement Nucleo de la Lealtad (Noyau de la Loyauté) et de la revue El Cruzado Español, les cruzadistas vont faire campagne en faveur de la candidature de Carlos-Pio de Hasburgo-Toscana y Borbon.

De nombreuses adresses sont envoyées au vieil Alfonso-Carlos (Charles XII) afin qu'il reconnaisse les droits de son neveu. Les tentatives des partisans de Carlos-Pio de Hasburgo-Toscana y Borbon sont évidemment combattues par les partisans de la future régence de Xavier de Bourbon-Parme ainsi que par la plupart des dirigeants carlistes de la puissante Communauté Traditionaliste Carliste (Comuniòn Tradicionalista Carlista/CTC) qui regroupe et fédère toutes les associations, cercles et organisations carlistes en Espagne.

La candidature de Carlos-Pio de Hasburgo-Toscana y Borbon aurait d’ailleurs trouvé beaucoup plus de partisans auprès de José-Antonio de Primera et sa Phalange espagnole.

Ce n'est qu'en 1943 que Carlos-Pio de Hasburgo-Toscana y Borbon se déclare publiquement prétendant à la succession carliste et donc au trône d'Espagne. Il est probable qu'il a souhaité laisser passer les années de guerre et le début de la reconstruction qui ont marqué l'Espagne depuis la mort d’Alfonso-Carlos en 1936. On ne peut exclure non plus qu'il ait voulu voir comment évoluait le carlisme sous la "régence" de Xavier de Bourbon- Parme.

Dès cette époque on commence à parler très ouvertement de sa candidature et à l'évoquer sous le nom de "Carlos VIII" qui donnera le nom au courant qu'il incarne: le carloctavisme ou "charleshuitisme".

Le mouvement atteignit son apogée dans les années 50 et courtisa de près le Généralissime Franco dans l’espoir que ce dernier le choisit comme éventuel Roi d’Espagne. A la mort de Carlos VIII, le mouvement commença à péricliter pour devenir quasi absent de la scène politique espagnole.

Les prétendants carloctavistes

Le Carloctavisme aujourd’hui

Une Comuniòn Catòlico-Monàrquica ouvertement carloctaviste a d'ailleurs vu le jour récemment dans l'attente probable de pouvoir revendiquer l'héritage traditionaliste de Don Sixte Henri de Bourbon-Parme et de sa propre Comuniòn Tradicionalista. Elle a rejoint dans son combat néo-carliste , le mouvement de la Comunión Carloctavista y Círculo Carlos VIII.

Autre signe qui chez les rois "carloctavistes" ne trompe pas, Domingo Ier a renoué avec la tradition initiée par son oncle "Carlos VIII" en relevant les ordres de chevalerie qui lui revenaient dont celui de la Toison d'Or. On trouvera d'ailleurs dans cette encyclopédie une liste non exhaustive des Chevaliers de l'Ordre de la Toison d'Or incluant ceux nommés par la lignée

En 2012, le Sénateur basque Iñaki Anasagasti a proposé la création d'un royaume catalana-basquo- navarrais avec pour souverain l'Archiduc Domingo Ier

Néanmoins, le carloctavisme reste toujours très minoritaire au sein du mouvement carliste.

Bibliographies

  • El Cruzado Español, Hortaleza n°41, Madrid. Año IV, n°186, de 25 de julio de 1932
  • Un Pretendiente desconicido, Cralos de Habsburgo, el candidato de Franco (2004)

Liens externes

  • [1] : Site de la Comuniòn Catòlico-Monàrquica (Espagn.)
  • [2] : Déclaration du Prince Domingo (Espgn.)
  • [3]: Essai sur le carlisme (Angl.)
  • [4]: Histoire de Carlos VIII (2004, Espagn.)
  • [5] Blog du Sénateur Iñaki Anasagasti (Esp.)