Carlos VIII

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Carlos VIII

François- Salvator de Habsbourg- Toscane

Né le 4 Décembre 1909, dans une fratrie qui comptera bientôt 10 enfants et dont il n’était pas l’aîné, de Blanche de Castille de Bourbon et de l’Archiduc François- Salvator de Habsbourg- Toscane, Karl (Charles) Pius (Pie) Maria Adelgonde Blanka Leopold Ignaz Raphael Michael Salvator Kyrill Angelus Barbara de Habsbourg- Toscane eu pour parrain le Pape Pie X (représenté par le Cardinal Granito de Belmonte) et pour marraine, la Comtesse de Badi, Princesse de Bourbon- Siciles.

Prince Austro-hongrois

Blanche de Castille d'Espagne

Très tôt, le Prince va vivre les bouleversements liés aux soubresauts de la Première Guerre mondiale. Elevé au Palais Toscane à Vienne, une mère excellant dans l’art du violon, sa famille en est délogée lors la révolution qui met fin à l’Empire Austro- Hongrois en 1918. Refusant de faire allégeance à la République, la famille de Charles- Pie se réfugie dans sa propriété viticole de Viareggio avant de se voir autoriser de rentrer en Espagne.

Prince espagnol

Alphonse XIII (ou Alphonse Ier) avait consenti à ce que la famille princière revienne sur Barcelone à la seule condition que Blanche de Bourbon ne prenne aucune activité dans le mouvement carliste. La révolution espagnole de 1931 force une nouvelle fois la famille du Prince à se réfugier en Italie. A cet exil survient la mort de l’Archiduc François- Salvator de Habsbourg- Toscane. La famille va alors survivre grâce aux revenus de sa propriété viticole et une rente que le parti carliste catalan lui envoie régulièrement. Blanche de Bourbon élève ses enfants dans le culte du Carlisme.

Charles-Pie de Habsbourg-Toscane, en tenue de Requete

Après de brillantes études d’ingénieur en Autriche, le Prince milite ouvertement au sein de la milice conservatrice Heimwehr qui fait le poing contre les socialistes et les communistes dans la rue.

En 1932, la question de la succession carliste commence à diviser les partisans du retour à la monarchie catholique. Le prétendant Alphonse- Charles (Charles XII) de Bourbon est âgé de et sans enfants. Une faction des carlistes appelés les cruzadistas ( nom emprunté au journal carliste El Cruzado Español)commencent à militer pour que soit reconnu le Prince Charles Pie comme le seul et unique successeur du Prince Alphonse- Charles de Bourbon à sa mort. Déjà engagé dans le mouvement des jeunes carlistes, le Prince s’est distingué au cours d’une rixe avec des anarchistes qui brulaient le drapeau espagnol.

Prétendant carliste

Pour arguments, les cruzadistas affirment que la maison exilée des Bourbons n’étant pas considérée comme l’aînée, une partie de la branche des Bourbons- Siciles ayant reconnue les droits d’Alphonse XIII (ou Alphonse Ier) comme roi d’Espagne et celle des Parmes ayant la nationalité française, les Cruzadistas les excluaient des droits de succession au trône. Mais au-delà de ces considérations dynastiques, les Cruzadistas avancèrent que la monarchie espagnole régie sous le coup des articles de la loi semi salique (Pragmatique Sanction de 1713), la mieux placée pour la succession au trône était la Princesse Blanche de Castille de Bourbon. Le prétendant carliste Alphonse- Charles de Bourbon n’adhéra pas à ce principe dynastique qui lui était avancé et préféra de loin placer son neveu Xavier de Bourbon-Parme à la tête d’une régence.

D’ailleurs, le 10 avril 1933, il fit expulser du mouvement carliste les cruzadistas. En 1934, un délégation de cruzadistas approcha la Princesse Blanche de Castille de Bourbon afin qu’elle accepta la succession carliste. Ne désirant pas se fâcher avec son oncle Alphonse- Charles de Bourbon, elle retarda tout manifeste de revendication au trône. Manuel Fal Conde qui dirigeait les carlistes lui fit parvenir une lettre lui déniant tous droits à la succession carliste.

Irrités par l’attente, une assemblée de cruzadistas proclama l’Archiduc Charles Pie, Roi de droit à la couronne d’Espagne. Blanche de castille de Bourbon qui désapprouvait l’installation d’une Régence carliste, annonça qu’elle transmettait ses droits légitimes à son fils, Charles- Pie.

La guerre civile qui éclate en 1936 empêche le Prince Charles- Pie de faire valoir ses droits au trône d’Espagne. N’hésitant pas à se parer du titre de Duc de Madrid, il publie un manifeste le 29 juin 1943 et se proclame Roi légitime d’Espagne. Bien qu’il eu 3 frères aînés, aucun d’entre eux ne manifesta un désir de revendiquer un trône. Devenu Carlos-Pio de Hasburgo-Toscana y Borbon (Charles) VIII, ses partisans désormais appelés les carloctavistes, le nouveau prétendant au trône se voit approcher par certains proches du Général Franco. Carlos VIII est l’objet de toutes les attentions. Le Général, qui a restauré une forme de monarchie sans Roi, cherche un Prince qui lui succédera. L’option de ce Prince Habsbourg n’est pas pour lui déplaire malgré les prétentions du Prince et Comte de Barcelone Juan de Borbón y Battenberg (fils d’Alphonse XIII ou de Xavier de Bourbon-Parme). Carlos VIII s’installe en Andorre avant de bouger vers Barcelone. Le Caudillo Franco, qui joue habilement des divisions carlistes, courtisent le Prince pendant que l’Archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine interdit toutes actions politiques à Carlos VIII en Espagne.

Carlos VIII

Séduisant, s'exprimant bien en castillan, tentant de rester fidèle à l'ensemble des principes du carlisme sans s'opposer à ceux qui fondent le nouveau régime instauré par Franco à l'inverse de son rival Xavier de Bourbon-Parme, Carlos-Pio de Hasburgo-Toscana y Borbon se rallie de nombreux et nouveaux partisans. Parmi les carlistes évidemment, mais aussi parmi les partisans de l'ancienne branche cadette des Bourbon. Il devient même le prétendant affiché des nombreux monarchistes qui ont rejoint les rangs de la Phalange espagnole. Carlos VIII fonde un Secrétariat- Général qu’il confie à Don Jesús de Cora y Lira.

En 1945, des affrontements entre ses partisans et ceux du Prince Xaxier de Bourbon-Parme se terminent par la mort de deux carlistes de chaque camp.

Il créé un Ordre de Chevalerie, l'Ordre du Lys de Navarre et reprend à son compte le titre de Grand Maître de la branche espagnole de l'Ordre de la Toison d'Or que les "rois carlistes" avaient abandonné depuis Carlos VII. Un programme est distribué dans toute l’Espagne. Autarcie, catholicisme comme religion d’état, indépendance de la justice, droits à la propriété réduits, abolition des partis politiques, reconnaissance des droits des provinces, collaboration avec les syndicats… etc

Il multiplie les contacts et les déplacements en Espagne, et le Généralissime Franco lui-même ne dédaigne pas d'être décoré de l'Ordre du Lys de Navarre alors qu'il refuse toutes les décorations que veut lui remettre Don Juan de Borbón y Battenberg, père du futur roi Juan Carlos Ier d'Espagne. En 1947, le prétendant carloactiviste appelle a voter oui à la constitution de 1947 qui fait de l'Espagne une monarchie à la mort de Franco.

Emblème du carloctavisme

Incontestablement, si le général Franco joue à brouiller les pistes avec ce prétendant et à désorganiser le carlisme, il serait exagérer de ne voir leurs rapports que sous le seul angle du calcul politique. Franco éprouve de la sympathie pour Carlos-Pio de Hasburgo-Toscana y Borbon qui, loin d'être le prince instrumentalisé et isolé dont les adversaires feront ensuite le portrait, séduit les milieux politiques, économiques et militaires du moment bien mieux que Xavier de Bourbon-Parme ou Don Juan de Borbón y Battenberg. Entre 1944 et 1952, nombreux sont ceux en Espagne qui pensent que l'heure de Carlos VIII a sonné et que le carloctavisme, cette synthèse entre la monarchie traditionnelle et le nouvel état franquiste est sur le point de s'imposer comme une solution politique crédible.

Plusieurs ouvrages sont publiés presque simultanément qui viennent apporter du poids et des arguments aux prétentions de Carlos-Pio de Hasburgo-Toscana y Borbon.

Fin du carloctavisme

Avec son divorce en 1949, le Prince perd un grand nombre de ses partisans qui lui reproche d'avoir rejeté ici un sacro saint principe du catholicisme dont il avait fait une figure de proue de son mouvement. Et le gouvernement espagnol de bientôt cesser de financer le parti.

Le 24 décembre 1953, le Prince décède brutalement, probablement d'une embolie cérébrale à l'âge de 44 ans. Ses obsèques seront dignes d'un souverain régnant. La presse unanime rend hommage au défunt, y compris la presse carliste partisan des Bourbon-Parme. Ministres, hiérarques de la Phalange, autorités civiles et religieuses se pressent au milieu des anciens combattants carlistes et d'une foule anonyme et compacte dans et autour du Monastère Royale de Poblet.

Lors de la mise en terre, l'orchestre militaire joue la "Marche Royale" à la grande surprise, semble t-il, de plusieurs ministres présents.

La mort brutale de Carlos VIII, si elle ne marque pas la disparition du carloctavisme annonce cependant sa lente agonie. En effet, les subsides que ses adversaires l'accusaient de toucher du régime franquiste n'existaient pas, il n'y avait pas de trésor de guerre ou de comptes occultes. Le carloctavisme tenait et progressait par la seule volonté et la seule force de séduction de son prétendant. La mort de ce dernier portait un coup fatal au mouvement.

2 ans après sa mort, 300 carloctavistes rendaient encore hommage au Prince le jour anniversaire de sa mort.

Descendance

De son mariage morganatique avec Christa Satzger de Bálványos (1914-2001), le Prince Charles- Pie a eu deux enfants (Alejandra Blanca née en 1941 et Maria Inmaculada Pia née en 1945) non dynastes. Le couple s’est séparé en 1949.

Bibliographie

  • Francisco-Javier de Lizarza Inda, La Sucesiòn Legotima a la Corona de españa", Ed. Gomez, 1951)