Otto de Habsbourg-Lorraine

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Otto de Habsbourg- Lorraine'

Otto et son père, l'Empereur Charles Ier

Fils du Bienheureux Charles Ier de Habsbourg- Lorraine (1887- 1922), Empereur d’Autriche et Roi apostolique de Hongrie (Charles IV) et de Bohème (Charles III) et de Zita de Bourbon- Parme (1892-1989), l’Archiduc Othon (Otto) est né le 20 Novembre 1912 à la Villa Wartholz (Reichenau, Basse Autriche).

Prince héritier de 1916 à 1918 et Duc de Bar, il fut le prétendant à la couronne d’Autriche et Hongrie de 1922 à 2011. Il avait renoncé à sa charge en 2007 en raison de son âge au profit de son fils aîné Charles (Karl).

Il est l’aîné d’une fratrie de 4 frères et 3 sœurs.

Prince héritier (1916- 1918)

Otto et l'Empereur François Joseph Ier

Baptisé Othon (Otto) François- Joseph Marie Antoine Charles Maximilien Henri Sixte Félix Louis Gaëtan Pie Ignace de Habsbourg- Lorraine, il devient Prince héritier de l’Empire Austro- Hongrois à l’avènement de son père sur le trône le 21 Novembre 1916. A peine âgé de 4 ans, il suit le cortège funéraire, vêtu tout de blanc, de celui dont il sautait encore sur les genoux, quelques semaines auparavant, ceux de l’Empereur François- Joseph Ier. Puis viendra le couronnement magnifique de son père à Vienne et à Budapest auquel le jeune prince pose officiellement avec ses parents (30 décembre 1916).

Couronnement impérial de 1916

Le 2 Octobre 1918, Otto fera sa première communion dans la petite chapelle de la ville de Reichenau. Une cérémonie qui va être à l’origine de sa ferveur catholique qui ne se démentira pas tout au long de sa vie.

Mais les soubresauts de la vie politique autrichienne et la défaite qui se profile dans l’Empire oblige Charles Ier à prendre des décisions . La couronne autrichienne est instable, Charles pense encore sauver celle de Hongrie. Otto l’accompagne le 23 octobre 1918 à Budapest où il est acclamé par des milliers de personnes. Charles en profite pour nommer le Palatin et Archiduc Joseph son « homo regius » (homme du Roi). Les événements se précipitent à Vienne. Otto avec le reste de sa famille reste au château de Gödöllö .Le 30 octobre, Budapest est secoué par des émeutes anti monarchistes. Le Palatin accepte de nommer le Comte Michel Karolyi Premier ministre mais une fois au pouvoir ce dernier proclame la république. Le château de Gödöllö est menacé par une foule en armes . La famille impériale doit fuir vers Vienne.

Le 2 novembre 1918, c’est dans un château de Schönbrunn déserté par la Garde impériale que le jeune prince rejoint son père.

A la fin de la première guerre mondiale, devant la révolution qui menace d’emporter violemment l’Empire, Charles Ier est finalement obligé de renoncer à ses prérogatives le 12 Novembre 1918. Durant ces 2 ans de règnes, Charles avait tenté de négocier une paix séparée avec la France (1917) et tenté de réformer l’Empire en ajoutant à la monarchiste dualiste, la Bohème. Charles était convaincu que le fédéralisme, longtemps combattu par son prédécesseur, sauverait l’Empire (manifeste du 18 Octobre 1918).

Charles qui n’a pas pour autant abdiquer, amène sa famille au Pavillon de chasse d’Eckartsau, à une trentaine de Kilomètres de Vienne avant l’exil vers la Suisse. Lorsqu’il embarque dans le train qui le conduira vers son nouveau lieu d’exil, il déclarera : « mes ancêtres sont venus de la Suisse il y’a 700 ans et bien maintenant, 700 ans plus tard je prends le même chemin ! ».

Le 23 mars 1919, la famille impériale quittait l’Autriche. Quelques jours plus tard, le 3 Avril 1919, la République d’Autriche de Karl Renner proclamait la Loi anti-Habsbourg qui interdisait à tous les membres de la famille Impériale de séjourner en Autriche.

Othon (Otto) Ier d’Autriche, Othon II de Hongrie et de Bohème

Tentative de restauration de la monarchie par Charles Ier

Otto en tenue impériale

Lorsque Charles Ier meurt le 1er Avril 1922 (à 35 ans) de pneumonie à Madère, le Prince héritier devient alors l’Empereur de Jure Otto Ier d’Autriche mais également Otto II de Hongrie et de Bohème. Lors de l’enterrement de l’Empereur, Otto marquera la cérémonie par la grandeur de son visage dont personne ne décela (témoignages de l’époque) la moindre larme. A la sortie de l’église, le Prince saluera la foule telle qu’il lui avait été enseigné à la cour impériale.

Grâce à des dons et la protection du Roi Alphonse XIII de Bourbon, la famille impériale en exil vivra de 1924 à 1929 dans la province de Biscaye (Espagne). Le juriste autrichien et Comte Henri de Degenfeld- Schonburg sera alors nommé précepteur du Prince et les bases de son enseignement fixées par une commission présidée par le Baron Hussarek, ancien Président du Conseil autrichien (enseignement des langues de l’Empire, histoire, géographie, mathématiques religions, etc..). Le prince lit en quatre langues la pression inyernationale y compris en Français qu’il affectionne particulièrement (il était de droit Duc de Bar de par son héritage bourguignon).

Si la nouvelle Tchécoslovaquie (Bohème) a chassé ses Habsbourg du trône, la Hongrie a de nouveau restauré la monarchie à travers une régence (1919). De facto, Otto est Roi de Hongrie. Mais le Régent Miklos Horthy de Nagybâya (1868- 1957) n’entend pas favoriser un nouveau couronnement à Budapest et par deux fois a déjà empêché Charles Ier de recouvrer son trône (1921).

Mais tout Empereur- Roi qu’il entend devenir (sa mère exerçant une Régence de fait), l’Archiduc Otto, qui se passionne pour l’histoire et la géo-politique, se doit de continuer ses études. De 1927 à 1929, il étudie au Luxembourg, passera un examen identique au baccalauréat qu’il obtiendra avec succès (1928) puis entre à l’Université Catholique de Louvain dont il en sortira le 27 Juin 1935, Docteur Es Sciences Politiques et Sociales (thèse sur « les Coutumes et droit successoraux de la classe paysanne et l’indivision des propriétés rurales en Autriche »).

Le 20 Novembre 1930, il est majeur et sa mère observant la stricte étiquette de la cour impériale s’agenouillera devant le nouvel Empereur titulaire. Une quarantaine de personne assiste à cette cérémonie où la veille il était apparu en tenue de magnat hongrois. Il recevra les insignes de la Toison d’Or.

Durant l’Hiver 1932- 1933, Otto voyage en Allemagne, rend visite au Président Hindenburg mais refuse l’offre que lui fait le Prince Auguste Wilhelm de Hohenzollern de rencontrer le leader du National- Socialisme, Adolf Hitler. Ce dernier qui pourtant ne cachait pas dans Mein Kampf son aversion de la maison d’Autriche (le prétendant parla de ce livre comme une « torture » à lire). A Vienne et partout dans le pays, le mouvement monarchiste se réorganise, des tracts appelant à la restauration de la monarchie sont distribués par milliers dans toutes les villes du pays. Il manque même d’être arrêté en mars 1933 lors d’une visite à Munich par un membre croate de la Gestapo et qui finit par baisser son arme, préférant laisser passer « son Roi »

Des tractations sont entamées avec le Chancelier Dollfuss en Autriche pour la restauration de la monarchie afin de stopper les visées expansionnistes de l’Allemagne. La Loi anti-Habsbourg sera même abolie le 13 Juillet 1935. Mais le Chancelier Kurt Von Schuschnigg (1897- 1977, a succédé à Dolfuss assassiné le 25 juillet 1934), alors au pouvoir, hésite, recule devant l’intransigeance allemande incarnée par le nouveau Führer Hitler. La Tchécoslovaquie mettra tout véto à cette tentative de restauration des Habsbourg.

Kurt von Schuschnigg

Otto de Habsbourg-Lorraine met en avant son projet de monarchie sociale-chrétienne. En novembre 1936, l’Autriche reçoit le Régent de Hongrie qui dépose des fleurs dans la crypte des Capucins, lieu de repos des empereurs autrichiens. La population crie « Vive l’Empereur » devant le cortège. Le gouvernement autrichien contacte alors ses homologues français et lui annonce son intention de restaurer la monarchie sous un delai d’un an. Certains monarchistes sont sceptiques. On parle d’une Régence conduite par le Prince Eugène, oncle du prétendant. Le 20 novembre 1937, les monarchistes manifestent bruyamment devant la Hofburg. Le Chancelier Kurt Von Schuschnigg continue de tergiverser.

Dans la nuit du 11 au 12 Mars 1938, l’Allemagne pénètre de force dans le pays et l’annexe (Anschluss). Hitler avait proposé vainement un trône à l’Archiduc mais Otto avait refusé toute négociation avec le Chancelier Hitler. Ce dernier n’avait pas apprécié le refus du jeune archiduc et avait alors baptisé son pan d’invasion de l’Autriche du nom de l’Archiduc (Plan Otto). Le mouvement monarchiste autrichien est interdit, ses membres arrêtés, déportés ou exécutés. Afin de lui-même éviter l’arrestation, Otto doit fuir en Belgique puis France (il emet une protestation officielle le 16 mars dans le périodique « Le Jour »). La Hongrie du Régent Horthy ne bougera pas.

Le prétendant rencontre le Président du Conseil français Edouard Daladier en juillet 1939

L’exil

Mouvement monarchiste austro-hongrois durant l'Entre- deux- guerres

Otto de Habsbourg- Lorraine en tenue traditionnelle

A la capitulation de la France en Juin 1940, l’Archiduc et sa famille partent pour l’Espagne puis le Portugal via Bordeaux. Il met ses talents de négociateur et ses relations pour obtenir des passeports de sortie de territoire pour 15000 personnes. Un mois plus tard, ils sont aux Etats-Unis où Otto est reçu en souverain par le Sénat et le Congrès. L’Archiduc va consacrer tout son temps à organiser la libération de l’Autriche (dont il arrive à convaincre le Président Roosevelt en 1943 à considérer son pays comme un pays occupé et non collaborateur, lui éviter les bombardements et lui permet de bénéficier de l’aide du Plan Marshall, de créer un Conseil national autrichien (qui prône la création d’une Fédération danubienne) et la constitution d’un bataillon armé autrichien dont ses frères vont s’y engager) et de la Hongrie.

Il finance les activités monarchistes à Londres et celles du Mouvement des autrichiens libres.

En janvier 1944, il reçoit une lettre du Comte Sigray qui l’informe de la situation de la Régence en Hongrie et que le parlement est prêt à voter la restauration et la déchéance de Horthy. Otto de Habsbourg- Lorraine est reçu par le Président américain Franklin Roosevelt. Il tente de plaider la cause de la Hongrie, lui propose que le Primat de Hongrie prenne la tête de l’état. Roosevelt émet l’hypothèse que le prétendant prenne lui-même la direction des affaires hongroises mais Otto refuse en déclarant qu’il ne prendra la tête de la Hongrie que si le parlement le demande et que ce soit ratifié par référendum. A contrario Otto demande que la Hongrie soit considérée dans le camp des alliés. Il confie à son frère Charles –Louis le soin de rassembler les Hongrois exilés sous sa direction. Mais le temps ne joue pas en sa faveur. Les allemands obligent le Régent à démissionner et interdisent les activités des monarchistes en Hongrie.

A la Libération (1945), l’Archiduc revient dans son pays et reçu comme un souverain dans plusieurs villes. Il tente de faire incorporer e Tyrol du Sud à l’Autriche mais cette partie autrichienne de l’Italie n’intéresse que peu les Alliés.

Les Soviétiques qui occupent une partie du pays ont réinstallé la République comme système de gouvernement. Une fois au pouvoir, les socialistes remettent la Loi anti-Habsbourg en vigueur et avec l’aide des communistes empêchent le mouvement monarchiste populaire d’Autriche (MBÖe) de se faire enregistrer comme parti aux élections du 28 Novembre 1945. Le prétendant et son frère Félix (né en 1916) sont aussitôt chassés d’Autriche en Janvier 1946. Il en va de même en Hongrie où la Régence est tombée à la chute de Berlin. Les Communistes ont pris le pouvoir et il n’est plus question de restauration de la monarchie (Staline avait caressé l’idée de mettre sur le trône le prétendant mais celui-ci violemment anti-communiste avait refusé)

Le rêve européen

Fidèle aux traditions de sa famille, manipulant avec aisance plusieurs langues, Otto de Habsbourg –Lorraine va se jeter dans le combat pour la formation d’une Europe unie, libérée du joug communiste. Membre de l’Union Paneuropéenne (ou Mouvement Paneuropéen) dès 1936 (mouvement fondé en 1922 par le monarchiste et Comte Richard Coudenhove- Kalergi), il déclare : « un beau jour toutes les frontières vont disparaître en Europe et toutes les nations auront le droit à l’autodétermination, elles seront libres et alors une véritable Europe unie pourra de nouveau jouer le rôle mondial qui a été le sien pendant des siècles ».

Dans les années 50, de fortes rumeurs affirment que le Dictateur espagnol Franco songe a lui pour le trône espagnol. Le ministre des affaires étrangères Martin Artajo est à l’origine de ce projet qui a pour unique but d’éloigner tout Bourbon libéral du trône. L’Archiduc rencontre d’ailleurs a plusieurs reprises le leader du régime franquiste et n’oublie pas que celui-ci l’a aidé dans sa fuite vers les Etats-Unis en 1940. Le 26 juillet 1950, le « Der Abend », journal communiste, dénonce un complot des Etats unis et du Vatican afin de remettre le prétendant sur le trône autrichien.

Militant pour la création d’une Fédération danubienne qui engloberait à la fois l’Autriche, la Bavière catholique et le Tyrol du Sud, Otto de Habsbourg-Lorraine suit les événements de 1956 en Hongrie avec attention. Les monarchistes tentent de mobiliser l’attention de l’Europe de l’Ouest et se font ouvrir les antennes des radios européennes. Le 31 octobre 1956, le cardinal Mindszenty rentre à Budapest. Cette icône monarchiste n’a pas perdu sa verve et tente de mobiliser les forces légitimistes. L’Union soviétique intervient brutalement et met fin aux espoirs des monarchistes hongrois.

Afin de consacrer à la formation de l’Union Européenne, Otto de Habsbourg Lorraine décide de prendre une décision lourde et toujours sujette à controverse aujourd’hui. Le 31 Mai 1961, il annonce renonce à ses droits de prétendants au trône d’Autriche afin de pouvoir revenir dans son pays (Le Prince Maximilien de Hohenberg qui restait le seul leader monarchiste prit contact avec le Ministre des Affaires Etrangères Bruno Kreisky afin que le parti Social- démocrate soutienne le retour du prétendant). Il devient désormais « Herr Doktor Otto Habsburg-Lothringen » (les particules ne sont pas reconnues en Autriche). Mais il lui faudra encore attendre 1966 avant de pouvoir rentrer en Autriche..

Devenu Président du Mouvement Paneuropéen en 1973, Otto de Habsbourg –Lorraine est élu Député Allemand (de Bavière) de la CSU (droite démocrate-chrétienne et conservatrice) au sein du Parlement Européen en 1979. Il occupera ce poste jusqu’en 1999. En effet, l’Autriche n’était pas à ce moment là membre de la Communauté des Etats Européens, Otto de Habsbourg- Lorraine ne pouvait donc pas prétendre à un poste de député autrichien. De son poste au Parlement Européen, le député Otto de Habsbourg- Lorraine va lutter contre le communisme qui occupe une grande partie de l’Europe de l’Est (1945- 1991). Entre 1988 et 1989, Otto de Habsbourg Lorraine fait plusieurs voyages en Hongrie et organisa le « pique-nique paneuropéen » à la frontière austro-hongroise qui permettra à 600 ressortissants Est- allemands de passer à l’Ouest.

Otto de Habsbourg- Lorraine,le 28 juin 2007 à Munich

Lors de la chute du Communisme en 1990, la Hongrie proposera le Poste de Président à l’Archiduc qui la refusera poliment « estimant être plus utile à la Hongrie depuis le Parlement Européen » et ce bien qu’il jouissait d’une énorme popularité dans le pays. Un film d’une heure et demi sur la vie du Prince et projeté le 2 Janvier 1989 rassemblera 70 000 personnes. Budapest se voilera même d’affiches de propagande en faveur du prétendant. 100 000 personnes signeront un appel afin qu’Otto de Habsbourg- Lorraine soit élu au poste de Président de la Hongrie. Le 2 Mai 1990, le Prince impérial assistera à la cérémonie d’ouverture du Parlement hongrois. Le Doyen d’âge qui lut le discours remercia le Prince de sa présence tout en soulignant que lui-même avait servi l’Empereur Charles Ier..

Otto de Habsbourg- Lorraine

Otto de Habsbourg-v Lorraine visitera également la Tchécoslovaquie de Mars à Avril 1990 où il tiendra des conférences puis le 12 Juin 1991, la Croatie accueillera sur son sol le prétendant. L’engagement en faveur d’une Croatie indépendante sera un des crédos du Prince.

En 1994, il mènera la campagne d’adhésion de l’Autriche à l‘Union Européenne.

Les Habsbourg- Lorraine sont toujours très impliqués dans la politique européenne. Karl de Habsbourg- Lorraine fut Député Européen de 1996 à 1999 sous l’étiquette de l’ÖeVP et dirige l’actuel Mouvement Paneuropéen Autrichien depuis la démission de son père en 2004. Sa fille Walburga est une élue du Parlement Suédois depuis 2003 (réélue en 2006 et 2010), sa fille Gabriella est Ambassadrice de Géorgie (depuis 2010), son deuxième fils Paul –Georg occupe des fonctions gouvernementales en Hongrie.

Le mouvement monarchiste autrichien d’après-guerre

De son lieu d’exil, Otto de Habsbourg- Lorrains transforma le mouvement monarchiste de la Fédération des patriotes autrichiens (Bund Österreichischer Patrioten ) en un Mouvement Monarchiste d’Autriche (fondé le 16 Février 1958 le MBÖe regroupait 1200 sections et 6000 adhérents et dont August Lovrek fut un membre fondateur) en un groupement appelé Action Autriche –Europe (Aktion Österreich- Europa/AÖE) le 10 Décembre 1966 et qui fut plus tard affilié au mouvement Paneuropéen.

Il est vrai que les autorités autrichiennes s’inquiètent des déplacements trop fréquents de l’Archiduc et des visites de centaines de personnes dans sa résidence de Bavière. Le gouvernement autrichien continue de lui nier sa nationalité avant de devoir la lui reconnaître juridiquement en 1957 tout en lui précisant qu’il sera connu uniquement sous le nom de « Habsbourg-Lorraine ».

La question du retour d’Otto de Habsbourg- Lorraine divisa le pays et le Tyrol et le Vorarlberg organisèrent des manifestations de soutien au prétendant. En 1957, 17% des autrichiens se disaient prêt à accepter le retour de la monarchie dans le pays. Le prétendant s’implique dans la vie du mouvement monarchiste et n’hésite pas à imposer ses décisions à son représentant August Lovrek. Ce qui n’est pas sans créer quelques vives tensions au sein du MBÖe.

Les Socialistes (SPÖe) mènent une campagne violente à son égard d’Otto de Habsbourg et dénonce les rencontres entre la Chancellerie dirigée par la droite autrichienne (ÖeVP) de Julius Raab et Maximilien de Hohenberg notamment au sujet de la restitution des biens de la famille impériale. En novembre 1959, Otto de Habsbourg-Lorrain écrit au MBÖe afin de lui demander son soutien pour son retour en Autriche et de ne pas écouter la propagande nauséabonde à son encontre. Les négociations s’estompent en novembre 1960. Deux mois pour le 40ieme anniversaire du souverain, alors les monarchistes trinquent à la santé du souverain exilé, des membres du parti communiste pénètrent violemment dans les locaux du MBÖe. Il y’aura des blessés de part et d’autres.

Le 31 mai 1961, l’Archiduc annonce qu’il vient de signer sa renonciation au trône afin de rentrer en Autriche. Les monarchistes sont consternés. Otto de Habsbourg- Lorraine doit s’expliquer par un courrier alors que les socialistes redoublent d’efforts dans leur campagne contre l’Archiduc. En janvier 1962 , il reçoit un soutien de l’ancien chancelier Kurt Von Schuschnigg alors que son retour divise le gouvernement et l’opposition autrichienne dans ce que la presse appelle « l’affaire Habsbourg ». De tractations en tractations et tentatives désespérées du gouvernement d’acheter la renonciation totale de l’Archiduc, celui-ci fait enfin son entrée en Autriche le 11 août 1966 pour quelques heures. Manifestations en sa faveur et contre manifestations seront organisées tant par les monarchistes pour les premières que le socialistes pour les secondes. Le 31 octobre 1966, il revient en Autriche. Des grèves sont organisées contre son retour en Autriche.

Le MBÖe s’est transformé le 10 décembre 1966 en un Aktion Österreich-Europa (AÖE) qui annonce par voie de presse qu’il lutte pour le retour de l’Archiduc en Autriche et enfin l’instauration d’un ordre social sous la forme d’une monarchie moderne. August Lovrek annonce clairement que le mouvement monarchiste prend une position plus européeene. En 1969, 50 000 personnes assisteront à une manifestation où le prétendant prendra la parole.

L’AÖE organise de fréquentes manifestations monarchisto-européennes à Vienne avant que le mouvement paneuropéen ne reprenne le flambeau fin des années 70. Devenu citoyen allemand en 1978, il peut entrer au parlement européen en juillet 1979. Ce malgré des tentatives d’opposition des socialistes autrichiens. Il devient un porte parole de l’anticommunisme et la voix des pays occupés par l’Union soviétique.

Le 14 Mars 1989, décédait l’impératrice Zita de Bourbon –Parme. Ses funérailles nationales à Vienne seront l’objet d’une des plus grandes manifestations monarchistes en Autriche. Elle avait son retour en mai 1982, toujours vêtue de son habit de deuil qui la caractérise depuis 1922.

La Hongrie lui propose un poste de Président entre 1990 et 1992 mais le député européen de la droite allemande (CSU) préfère renoncer pour se consacrer aux affaires européennes qu’il occupera jusqu’en 2004

Aujourd’hui, le mouvement monarchiste est représenté par l'Alliance Noire Jaune (Schwarz-Gelbe Allianz).

En 2007, Otto de Habsbourg- Lorraine remettra ses prétentions entre les mains de son fils Karl (II d'Autriche, III de Bohème et V de Hongrie) pour raisons de santé.

Il est également l'auteur de plusieurs ouvrages historiques et politiques dont "Mémoires d'Europe (1994)" ou "Le nouveau défi européen (2007)"


La famille impériale

Mariage d'Otto et de Régina Saxe- Meiningen

De son mariage à Nancy (10 Mai 1951) avec la Princesse Regina de Saxe Meiningen (1925- 2010), Othon de Habsbourg- Lorraine a eu 7 enfants : Andréa (née en 1953), Monika (née en 1954), Michaela (né en 1954, sa jumelle), Gabrielle (né en 1956), Walburga (né en 1958), Karl de Habsbourg- Lorraine (né en 1961) et Paul- Georges de Habsbourg-Lorraine (né en 1964).

Lors de son mariage à Nancy, la presse française lui fera les honneurs d’articles élogieux. La capitale lorraine, dont le prétendant avait une affection particulière, s’était couverte de monarchistes hongrois et autrichiens, de drapeaux de l’Empire. Lors de ses noces d’Or en Mai 2001, le couple impérial recevra une nouvelle fois les honneurs de la ville.

Mariage d'Otto et de Régina Saxe- Meiningen


Un Prince jugé controversé par ses opposants

L’hebdomadaire Stern publie dans son numéro 2 de 1994 un article où il révèle que l’Archiduc a rencontré secrètement en novembre 1993, le leader de l’extrême-droite autrichienne Jörg Haïder à Bruxelles. Le prétendant au trône se défendra de cette entrevue en expliquant que son parti était au courant de cette entrevue dont le but était de convaincre Jörg Haïder de voter en faveur de l’Europe. Proche de l’Opus Deï, le Prétendant au trône était un fervent catholique opposé à l’avortement.

D’ailleurs c’est au titre de ses convictions catholiques que le prétendant interviendra auprès du Vatican afin que la proposition du Général de Gaulle de créer une église catholique séparée ne voit le jour. Le Pape Jean XXIII demandera même à l’Archiduc de lui faire des propositions de réformes avant le concile de Vatican en 1962 où Otto de Habsbourg-Lorraine et son épouse trouvera une place d’honneur lors de l’inauguration du Concile.

En 1981 lors d’un discours au Luxembourg sur les questions d'avortement, il déclara : « En me prononçant contre le présent rapport, je ne récuse pas les revendications justifiées des femmes, revendications que j’aurais aimé approuver. Mon vote est uniquement motivé par le fait que ce document contient un certain nombre de points de vues auxquels un européen chrétien ne saurait souscrire et qui ne s’appliquent pas non plus aux droits de la Femme. Il s’agit, en l’occurrence, de questions fondamentales qui n’ont rien à voir avec la politique et où il y va de la conscience de chacun. Car avorter – quoique l’on puisse dire hypocritement pour y trouver des excuses – c’est commettre un meurtre, c’est refuser le droit à la vie.(…) ».

Parlant du Général Francisco Franco, le Prince d'Autriche-Hongrie compara son régime à une banale dictature sud-américaine et nota que le Généralissime fut connu pour son hospitalité pour les réfugiés lors de la Seconde Guerre mondiale.

Le 10 mars 2008, il minimisa les manifestations de soutien des Autrichiens lors de l'Anschluss, provoquant une vive polémique dans le pays.

Funérailles de l'Archiduc Otto de Habsbourg- Lorraine

Enterrement de l'Archiduc Otto

Le corps de l'Archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine a été transferré de sa résidence de Pöcking (Bavière) vers une chapelle ardente à Munich le 9 juillet 2011 puis le cercueil, recouvert des armes de la maison impériale, a pris la route de Vienne. Le Cardinal Christoph Schönborn présidera la messe de requiem dans la Cathédrale de St Etienne à 15h le 16 juillet 2011 à Vienne. A la fin de la messe,le cortège prendra la route de la crypte des capucins. La tradition d'enterrement des empereurs défunts sera respectée telle qu'elle était pratiquée sous l'Empire Austro-Hongrois.

Le Prince Georges de Habsbourg-Lorraine , fils cadet d'Otto de Habsbourg-Lorraine. a annoncé que le coeur de son père reposerait à l'abbaye bénédictine de Pannonhalma en Hongrie.

Le 9 juillet 2011, 300 personnes ont assisté à Nancy à une messe de requiem en l'honneur de l'Archiduc.

Le 10 juillet, le Prince Karl de Habsbourg-Lorraine a annoncé au journal oe24 que 300 membres de la famille impériale des Habsbourg seraient présents à la messe de requiem mais qu'il n'y aurait pas de funérailles nationales. Cependant, des membres des Cours et gouvernements étrangers ainsi que ceux de l'Autriche représenteront leur pays lors de la messe finale de requiem à Vienne qui conduira Otto de Habsbourg-Lorraine à la crypte des Capucins.

L'Archiduc Karl de Habsbourg- Lorraine et le Prince héritier Ferdinand/Photo Yonha news

Un sondage publié par le quotidien "Österreich" (parution du 10 juillet) indique que 60% des Autrichiens étaient favorables à des "funérailles d'Etat" pour l'archiduc Otto de Habsbourg- Lorraine.

Le 16 juillet, Alors que Zagreb organisait une messe de requiem en hommage à Otto de Habsbourg-Lorraine , ce sont des milliers de personnes qui se sont rassemblés à Vienne pour assister à l'enterrement. L'Archiduc et son épouse ont été accompagnés dans la crypte des capucins par les membres de la famille impériale, des têtes couronnées (ou non) et de membres de gouvernements étrangers et autrichien. D'ailleurs, le gouvernement autrichien aura pour l'occasion autorisé un corps de l'armée à défiler aux côtés des monarchistes, la plupart vêtus des habits traditionnels autrichiens rappelant les plus belles heures de l'Empire.

Hommages internationaux

Monarchistes accompagnant le cercueil de l'Archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine/Photo AFP pour l'Est Républicain

Le Président fédéral autrichien Heinz Fischer a rendu publiquement hommage à l'Archiduc en regrettant le départ d'une grande figure européenne. Le Président slovène Danilo Türk a quant à lui ajouté que l'Europe perdait l'un de ses plus grands avocats et enfin le Ministre des Affaires étrangères Tchèque et Prince d'Empire, Karel VII Schwarzenberg a déploré le décès d'un homme qui avait lutté pour la libération des peuples d'Europe Centrale et de l'Est.

L'ancien chancelier Wolfgang Schuessel a déploré la perte " d'un grand patriote autrichien " et le leader de l'Extrême droite autrichienne Heinz-Christian Strach a quant à lui déclaré que " l'Autriche avait perdu un grand homme d'État". Jose Manuel Barroso (Président de la Commission Européenne) a rendu hommage à "l'Européen qui a permis la construction de l'Europe ", la Pologne qui occupe la présidence de l'UE a parlé de "géant européen"....

Les Parlements européens, autrichiens et hongrois ont observé une minute de silence le 4 juillet 2011 à l'annonce du décès de l'Archiduc.

Le Gouvernement hongrois a officiellement adressé ses condoléances à la famille impériale.

Liens externes

  • [[1]] : Vidéo You Tube sur le couronnement de Hongrie en 1916 /Commentaires de l'Archiduc (Fr.)
  • [2] : Vidéo You Tube extrait du mariage de l'Archiduc. Commentaires du Ministre français de la Culture Frédéric Mitterrand (Fr.)
  • [3]: Vidéo You Tube : points de vue politiques de l'Archiduc (Angl.)
  • [4]:Vidéo You Tube sur les monarchistes autrichiens (All.) (1)
  • [5] : Vidéo You Tube sur les monarchistes autrichiens (All.)(2)
  • [6]: Vidéo You Tube sur l'enterrement de l'Impératrice Zita (All.)
  • [7]] : Vidéo You Tube sur l'Impératrice Zita
  • [8] : Article de la Tribune pour le décès de l'Archiduc (Fr.)
  • [9] : Entretien télévisuel d'1h30 accordé par l'Archiduc à la chaine KTO (Fr.)
  • [10] : Article de l'Est républicain du 06/07/2011 concernant la messe de requiem en l'honneur de l'Archiduc à Nancy (Fr.)
  • [11] : Site officiel du mouvement paneuropéen (Fr.)
  • [12] : Article du Figaro du 12/03/2008 sur les commentaires de l'Archiduc sur l'Anschluss.
  • [13] : Site consacré à l'Archiduc Otto de Habsbourg- Lorraine
  • [14] : Site du mouvement monarchiste l'Alliance Noire-Jaune (All.)
  • [15] : Page internet sur l'Archiduc Otto de Habsbourg-Lorraine (All.)
  • [16] : entretien de Karl de Habsbourg-Lorraine au journal Oe24 (10/07/2011)
  • [17] : Photos des funérailles de l'Archiduc Otto de Habsbourg- Lorraine
  • [18] : Article du Die Presse . témoignages d'inconnus et carte du trajet que suivra la Famille impériale durant les funérailles (All.)
  • [19] : Vidéo de témoignages en faveur de l'Archiduc.
  • [20] : Article du 16/07/2011 de l'Est Républicain sur les funérailles de l'Archiduc (Fr.)
  • [21] : Article de France Catholique sur l'Archiduc Otto de Habsbourg- Lorraine (Fr.)
  • [22]: Site sur l'Archiduc Otto de Habsbourg- Lorraine (All.)
  • [23] :Requiem pour Otto de Habsbourg- Lorraine a Munich (11/07/2011)
  • [24] : Requiem pour Otto de Habsbourg- Lorraine à Mariazell
  • [25]: Funérailles de l'archiduc d'Otto de Habsbourg- Lorraine et Hymne impérial . Vidéo You Tube
  • [26] : Funérailles de l'archiduc d'Otto de Habsbourg- Lorraine. Vidéo You Tube
  • [27] : Funérailles retransmises de l'ORF / Vidéo You Tube
  • [28] : Funérailles retransmises de l'ORF / Vidéo You Tube