Pierre Guillemot : Différence entre versions

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La ville bretonne de Pontivy (Pondi) accueille la Révolution française avec enthousiasme à l’heure où la monarchie entame sa lente et progressive chute. Lorsque la monarchie tombe en 1792, que [[Louis XVI]] est exécuté quelques mois plus tard et que la conscription de masse est contestée en Bretagne, la région se soulève contre la République. C’est le chapitre que l’histoire de France va appeler «la [[Chouannerie]]».  
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La ville bretonne de Pontivy (Pondi) accueille la Révolution française avec enthousiasme à l’heure où la monarchie entame sa lente et progressive chute. Lorsque la monarchie tombe en 1792, que [[Louis XVI]] est exécuté quelques mois plus tard, que la conscription de masse est contestée en Bretagne, la région finit par se soulever contre la République.  
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C’est le chapitre que l’histoire de France va appeler « la [[Chouannerie]]».  
  
 
Devenue chef-lieu d’arrondissement, Pontivy continue de se caractériser par son soutien à la République alors que toute la campagne environnante est acquise au royalisme. Principalement composés de paysans âgés de 18 à 30 ans, les Chouans du Morbihan vont alors se regrouper autour de Pierre Guillemot.  
 
Devenue chef-lieu d’arrondissement, Pontivy continue de se caractériser par son soutien à la République alors que toute la campagne environnante est acquise au royalisme. Principalement composés de paysans âgés de 18 à 30 ans, les Chouans du Morbihan vont alors se regrouper autour de Pierre Guillemot.  
  
L'auteur Jean Guillot résume ainsi la situation :"''Le 13 janvier 1791, 1 500 paysans des communes voisines de Vannes se heurtent aux portes de la ville à 1 300 soldats bien armés. Il y aura quelques morts chez les émeutiers et la lutte est désormais ouverte entre la minorité révolutionnaire, citadine et bourgeoise, et le peuple des campagnes défenseur de son clergé et de son roi. L'histoire de ce département devient alors une longue suite d'embuscades, de meurtres, d'affontements armés et d'arrestations. En mars 1793, on se bat partout, à Vannes, Pontivy, La Roche-Bernard, Rochefort-en-Terre...''"
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L'auteur Jean Guillot résume ainsi la situation ambiante dans le Morbihan :"'' Le 13 janvier 1791, 1 500 paysans des communes voisines de Vannes se heurtent aux portes de la ville à 1 300 soldats bien armés. Il y aura quelques morts chez les émeutiers et la lutte est désormais ouverte entre la minorité révolutionnaire, citadine et bourgeoise, et le peuple des campagnes défenseur de son clergé et de son roi. L'histoire de ce département devient alors une longue suite d'embuscades, de meurtres, d'affrontements armés et d'arrestations. En mars 1793, on se bat partout, à Vannes, Pontivy, La Roche-Bernard, Rochefort-en-Terre...''"
  
 
==Pierre, l'apprenti révolutionnaire==
 
==Pierre, l'apprenti révolutionnaire==
  
Agriculteur dans le hameau de Plumelec, né le 1er novembre 1759 au sein d’une famille de 12 enfants, ses parents étaient à la fois agriculteurs et meuniers. Ils ne fixent pas pour autant dans la ferme familiale de Kerdel mais exploitent d'autres terres.  
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Agriculteur dans le hameau de Plumelec, né le 1er novembre 1759 au sein d’une famille de 12 enfants, ses parents étaient à la fois agriculteurs et meuniers. Ils ne se fixent pas pour autant dans la ferme familiale de Kerdel mais exploitent d'autres terres.  
  
 
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==Pierre, le Roi de Bignan==
 
==Pierre, le Roi de Bignan==
 
    
 
    
C’est lors de la [[Virée de Galerne]] en 1793 que Pierre Guillemot entre en contact avec 4 rescapés vendéens ( Defay (35 ans), Auguste de Béjarry, un domestique dit Petit-Jacques et Joseph Briend, un jeune Matelot de Peillac. C’est la révélation pour Pierre Guillemot.  
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C’est lors de la [[Virée de Galerne]] en 1793 que Pierre Guillemot entre par hasard en contact avec 4 rescapés vendéens ( Defay (35 ans), Auguste de Béjarry, un domestique dit Petit-Jacques et Joseph Briend, un jeune Matelot de Peillac) qui fuient les massacres. C’est la révélation pour Pierre Guillemot.  
  
Il forme autour de lui une petite armée et en 1794 prend contact avec [[Georges Cadoudal]] (de 12 ans son cadet) qui le convainc de rejoindre la lutte contre la Convention. Son premier fait d’armes sera le 14 mars 1794 : l’abattage d’un arbre de la liberté, la saisie de la caisse des impôts qui contenait 6000 francs de l’époque, la libération d’un prêtre réfractaire (qui était sous escorte de 80 soldats bleus mais blessé l’Abbé Leclerc mourra finalement de ses blessures) et occupe même militairement la future commune de Grand-Champ avec 500 royalistes.  
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Il forme autour de lui une petite armée et en 1794 prend contact avec [[Georges Cadoudal]] (de 12 ans son cadet) qui le convainc de rejoindre la lutte contre la Convention. Son premier fait d’armes sera le 14 mars 1794 : l’abattage d’un arbre de la liberté, la saisie de la caisse des impôts qui contenait 6000 francs de l’époque, la libération d’un prêtre réfractaire (qui était sous escorte de 80 soldats bleus mais blessé de sa libération, l’abbé Leclerc meurt finalement de ses blessures) et occupe même militairement la future commune de Grand-Champ avec ses 500 royalistes.  
  
 
Pour se venger, sa ferme est prise d’assaut et incendiée par les partisans de la République, sa épouse Marie-Louise Valy  (avec qui il s’est marié en 1782) en fuite avec ses 4 enfants, sa tête mise à prix.
 
Pour se venger, sa ferme est prise d’assaut et incendiée par les partisans de la République, sa épouse Marie-Louise Valy  (avec qui il s’est marié en 1782) en fuite avec ses 4 enfants, sa tête mise à prix.
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Il multiplie les victoires, déloge les républicains de la ville de Locminé ( il prit même "''le luxe d'embaucher dans ses troupes les prisonniers qu'il a faits dans les rangs des Bleus''") et stoppe l’armée du Général Brune à Vannes en 1799, brièvement.
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Il multiplie les victoires, déloge les républicains de la ville de Locminé ( il prit même "'' le luxe d'embaucher dans ses troupes les prisonniers qu'il a faits dans les rangs des Bleus''") et stoppe brièvement l’armée du Général Brune à Vannes en 1799.
  
De tous ces faits d’armes, il est bientôt surnommé par ses partisans le «''Roi de Bignan''» et obtiendra le grade de Colonel de L'Armée catholique et royale de Bretagne. Une autre réputation le suit cependant. Celle d’être un vrai dictateur prompt à juger ses prisonniers de manière expéditive bien qu’il existe très peu de preuves à ce sujet.  
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Avec tous ces faits d’armes, il est bientôt surnommé par ses partisans le «''Roi de Bignan''» et obtiendra le grade de Colonel de L'Armée catholique et royale de Bretagne. Une autre réputation le suit cependant. Celle d’être un vrai dictateur prompt à juger ses prisonniers de manière expéditive bien qu’il existe très peu de preuves à ce sujet.  
  
 
Son ami Defay, avec qui il a formé son armée, est capturé le 13 juin 1794 à Bodermarec et guillotiné à Lorient le 3 août suivant.  
 
Son ami Defay, avec qui il a formé son armée, est capturé le 13 juin 1794 à Bodermarec et guillotiné à Lorient le 3 août suivant.  
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==L'exil et la fin de l'aventure==
 
==L'exil et la fin de l'aventure==
  
L’échec de l’[[Expédition de Quiberon]] en 1795 crée des scissions au sein de l’état-major royaliste entre partisans du comte Joseph de Puisaye ceux de Cadoudal qui finalement l’emporte sur ses rivaux en 1798. Nommé agent de l'organisation, pour les cantons de Bignan et Plumelec, Guillemot avait alors coordonné la réception et la cache massive d’armes dans le Bignan.  Mais au printemps 1795, alors que la poudre des tonneaux est réceptionnée par les hommes du «''Roi de Bignan''», celui décide de se réchauffer en mettant de la poudre à fusil sur une poêle à frire. L’explosion le défigure totalement. Réfugié au château de Kerguéhennec pour soigner ses blessures, surnommé le « ''petit Versailles de Bretagne'' », il ne participera pas  à l’expédition de Quiberon qui est un désastre.  
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L’échec de l’[[Expédition de Quiberon]] en 1795 crée des scissions au sein de l’état-major royaliste entre partisans du comte Joseph de Puisaye et ceux de Cadoudal qui finalement l’emporte sur ses rivaux en 1798. Nommé agent de l'organisation, pour les cantons de Bignan et Plumelec, Guillemot avait alors coordonné la réception et la cache massive d’armes dans le Bignan.  Mais au printemps 1795, alors que la poudre des tonneaux est réceptionnée par les hommes du «''Roi de Bignan''», celui décide de se réchauffer en mettant de la poudre à fusil sur une poêle à frire. L’explosion le défigure totalement. Réfugié au château de Kerguéhennec (surnommé le « ''petit Versailles de Bretagne'' ») pour soigner ses blessures, il ne participera pas  à l’expédition de Quiberon qui est un désastre.  
  
 
"''Le 25 juin 1795, les premières voiles d’une escadre britannique font leur apparition en baie de Carnac. Le 27, les premières troupes débarquent, dont de nombreux nobles immigrés qui regardent avec morgue les chouans du Morbihan arrivés en masse pour combattre les républicains. En juillet, le général Hoche, avec une dizaine de milliers d’hommes, organise la contre-attaque républicaine et bloque les royalistes dans la presqu’île de Quiberon. Le débarquement anglo-royaliste tourne au fiasco''."
 
"''Le 25 juin 1795, les premières voiles d’une escadre britannique font leur apparition en baie de Carnac. Le 27, les premières troupes débarquent, dont de nombreux nobles immigrés qui regardent avec morgue les chouans du Morbihan arrivés en masse pour combattre les républicains. En juillet, le général Hoche, avec une dizaine de milliers d’hommes, organise la contre-attaque républicaine et bloque les royalistes dans la presqu’île de Quiberon. Le débarquement anglo-royaliste tourne au fiasco''."
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On cherche en vain Guillemot pour l'exécuter. Le 4 novembre 1795, faute de le trouver les républicains assassinent son beau-frère et sa fille de 6 mois, tous deux le crâne défoncé à coups de crosse puis plus tard, une de ses propres soeurs.  
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On cherche en vain Guillemot pour l'exécuter. Le 4 novembre 1795, faute de le trouver, les républicains assassinent son beau-frère et sa fille de 6 mois, tous deux le crâne défoncé à coups de crosse puis plus tard, une de ses propres soeurs.  
  
C’est presque tout le département qui est sur le point d’être libéré quand survient le coup d’état du Général Bonaparte qui met fin à l’insurrection d’une armée qui a fini par ne plus faire que des actions de guérilla . Pourtant fin novembre 1799, l’Angleterre continue encore d’alimenter l’armée de Guillemot la cache d'arme principale sera le château de Kerscouble.  
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C’est presque tout le département qui est sur le point d’être libéré quand survient le coup d’état du Général Bonaparte qui met fin à l’insurrection d’une armée qui a fini par ne plus faire que des actions de guérilla . Pourtant fin novembre 1799, l’Angleterre continue encore d’alimenter l’armée de Guillemot dont la cache d'arme principale sera le château de Kerscouble.  
  
 
C’est l’exil d’abord pour Cadoudal puis Guillemot (devenu veuf avec la mort de son épouse en 1798, âgée de 39 ans) qui rejoint Londres en 1800. Les deux amis reviennent en 1804 et tentent de fomenter une insurrection contre le Premier Consul Bonaparte. Cadoudal est arrêté le 9 mars.  
 
C’est l’exil d’abord pour Cadoudal puis Guillemot (devenu veuf avec la mort de son épouse en 1798, âgée de 39 ans) qui rejoint Londres en 1800. Les deux amis reviennent en 1804 et tentent de fomenter une insurrection contre le Premier Consul Bonaparte. Cadoudal est arrêté le 9 mars.  
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[[Fichier:60383646.png|200px|thumb|left|Maison de Pierre Guillemot]]
 
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Pour Guillemot qui était au courant, c’est la fuite. Il tente de libérer Cadoudal en juin mais c’est l’échec et la République s’empresse de le faire exécuter.  
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Pour Guillemot qui était au courant, c’est la fuite. Il tente de libérer Cadoudal en juin mais c’est l’échec et la République s’empresse de faire exécuter ce dernier.  
  
Réfugié à Pauldren. Guillemot est dénoncé, capturé par 11 hussards qui lui infligent pas moins de 17 blessures. Jugé rapidement par une commission militaire, il est fusillé assis sur une chaise, à Vannes le 5 janvier 1805 sans que son trésor de guerre n’ait été retrouvé à ce jour.  
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Réfugié à Pauldren. Guillemot est dénoncé, capturé par 11 hussards qui lui infligent pas moins de 17 blessures. Jugé rapidement par une commission militaire, il est fusillé assis sur une chaise, à Vannes le 5 janvier 1805, sans que son trésor de guerre n’ait été retrouvé à ce jour.  
  
 
Il existe depuis 2010 une association à sa mémoire .
 
Il existe depuis 2010 une association à sa mémoire .

Version du 16 novembre 2015 à 14:34

Pierre Guillemot (dit Le Roi de Bignan)

Statue de Pierre Guillemot


La ville bretonne de Pontivy (Pondi) accueille la Révolution française avec enthousiasme à l’heure où la monarchie entame sa lente et progressive chute. Lorsque la monarchie tombe en 1792, que Louis XVI est exécuté quelques mois plus tard, que la conscription de masse est contestée en Bretagne, la région finit par se soulever contre la République.

C’est le chapitre que l’histoire de France va appeler « la Chouannerie».

Devenue chef-lieu d’arrondissement, Pontivy continue de se caractériser par son soutien à la République alors que toute la campagne environnante est acquise au royalisme. Principalement composés de paysans âgés de 18 à 30 ans, les Chouans du Morbihan vont alors se regrouper autour de Pierre Guillemot.

L'auteur Jean Guillot résume ainsi la situation ambiante dans le Morbihan :" Le 13 janvier 1791, 1 500 paysans des communes voisines de Vannes se heurtent aux portes de la ville à 1 300 soldats bien armés. Il y aura quelques morts chez les émeutiers et la lutte est désormais ouverte entre la minorité révolutionnaire, citadine et bourgeoise, et le peuple des campagnes défenseur de son clergé et de son roi. L'histoire de ce département devient alors une longue suite d'embuscades, de meurtres, d'affrontements armés et d'arrestations. En mars 1793, on se bat partout, à Vannes, Pontivy, La Roche-Bernard, Rochefort-en-Terre..."

Pierre, l'apprenti révolutionnaire

Agriculteur dans le hameau de Plumelec, né le 1er novembre 1759 au sein d’une famille de 12 enfants, ses parents étaient à la fois agriculteurs et meuniers. Ils ne se fixent pas pour autant dans la ferme familiale de Kerdel mais exploitent d'autres terres.

Pierre Guillemot

Pierre Guillemot a suivi des études à Vannes. Lettré, dynamique, il n’est d’abord pas hostile aux idéaux de la Révolution. Intégrant un temps la municipalité de Plumelec comme procureur-syndic il devient délégué au corps administratif du district avant de reprendre la ferme de son père en 1792, décédé.

Pierre, le Roi de Bignan

C’est lors de la Virée de Galerne en 1793 que Pierre Guillemot entre par hasard en contact avec 4 rescapés vendéens ( Defay (35 ans), Auguste de Béjarry, un domestique dit Petit-Jacques et Joseph Briend, un jeune Matelot de Peillac) qui fuient les massacres. C’est la révélation pour Pierre Guillemot.

Il forme autour de lui une petite armée et en 1794 prend contact avec Georges Cadoudal (de 12 ans son cadet) qui le convainc de rejoindre la lutte contre la Convention. Son premier fait d’armes sera le 14 mars 1794 : l’abattage d’un arbre de la liberté, la saisie de la caisse des impôts qui contenait 6000 francs de l’époque, la libération d’un prêtre réfractaire (qui était sous escorte de 80 soldats bleus mais blessé de sa libération, l’abbé Leclerc meurt finalement de ses blessures) et occupe même militairement la future commune de Grand-Champ avec ses 500 royalistes.

Pour se venger, sa ferme est prise d’assaut et incendiée par les partisans de la République, sa épouse Marie-Louise Valy (avec qui il s’est marié en 1782) en fuite avec ses 4 enfants, sa tête mise à prix.

Cachet chouan

Il multiplie les victoires, déloge les républicains de la ville de Locminé ( il prit même " le luxe d'embaucher dans ses troupes les prisonniers qu'il a faits dans les rangs des Bleus") et stoppe brièvement l’armée du Général Brune à Vannes en 1799.

Avec tous ces faits d’armes, il est bientôt surnommé par ses partisans le «Roi de Bignan» et obtiendra le grade de Colonel de L'Armée catholique et royale de Bretagne. Une autre réputation le suit cependant. Celle d’être un vrai dictateur prompt à juger ses prisonniers de manière expéditive bien qu’il existe très peu de preuves à ce sujet.

Son ami Defay, avec qui il a formé son armée, est capturé le 13 juin 1794 à Bodermarec et guillotiné à Lorient le 3 août suivant.

L'exil et la fin de l'aventure

L’échec de l’Expédition de Quiberon en 1795 crée des scissions au sein de l’état-major royaliste entre partisans du comte Joseph de Puisaye et ceux de Cadoudal qui finalement l’emporte sur ses rivaux en 1798. Nommé agent de l'organisation, pour les cantons de Bignan et Plumelec, Guillemot avait alors coordonné la réception et la cache massive d’armes dans le Bignan. Mais au printemps 1795, alors que la poudre des tonneaux est réceptionnée par les hommes du «Roi de Bignan», celui décide de se réchauffer en mettant de la poudre à fusil sur une poêle à frire. L’explosion le défigure totalement. Réfugié au château de Kerguéhennec (surnommé le « petit Versailles de Bretagne ») pour soigner ses blessures, il ne participera pas à l’expédition de Quiberon qui est un désastre.

"Le 25 juin 1795, les premières voiles d’une escadre britannique font leur apparition en baie de Carnac. Le 27, les premières troupes débarquent, dont de nombreux nobles immigrés qui regardent avec morgue les chouans du Morbihan arrivés en masse pour combattre les républicains. En juillet, le général Hoche, avec une dizaine de milliers d’hommes, organise la contre-attaque républicaine et bloque les royalistes dans la presqu’île de Quiberon. Le débarquement anglo-royaliste tourne au fiasco."

Emblème Chouan

On cherche en vain Guillemot pour l'exécuter. Le 4 novembre 1795, faute de le trouver, les républicains assassinent son beau-frère et sa fille de 6 mois, tous deux le crâne défoncé à coups de crosse puis plus tard, une de ses propres soeurs.

C’est presque tout le département qui est sur le point d’être libéré quand survient le coup d’état du Général Bonaparte qui met fin à l’insurrection d’une armée qui a fini par ne plus faire que des actions de guérilla . Pourtant fin novembre 1799, l’Angleterre continue encore d’alimenter l’armée de Guillemot dont la cache d'arme principale sera le château de Kerscouble.

C’est l’exil d’abord pour Cadoudal puis Guillemot (devenu veuf avec la mort de son épouse en 1798, âgée de 39 ans) qui rejoint Londres en 1800. Les deux amis reviennent en 1804 et tentent de fomenter une insurrection contre le Premier Consul Bonaparte. Cadoudal est arrêté le 9 mars.

Maison de Pierre Guillemot

Pour Guillemot qui était au courant, c’est la fuite. Il tente de libérer Cadoudal en juin mais c’est l’échec et la République s’empresse de faire exécuter ce dernier.

Réfugié à Pauldren. Guillemot est dénoncé, capturé par 11 hussards qui lui infligent pas moins de 17 blessures. Jugé rapidement par une commission militaire, il est fusillé assis sur une chaise, à Vannes le 5 janvier 1805, sans que son trésor de guerre n’ait été retrouvé à ce jour.

Il existe depuis 2010 une association à sa mémoire .

Lien interne

Références

  • [1] : Le trésor introuvable de Pierre Guillemot.
  • [2] : Biographie de Pierre Guillemot
  • [3]: Rapide historique de la Bretagne chouanne.
  • [4] : Association Pierre Guillemot

Bibliographies

  • Le Royaume de Bignan 1789-1805 de Antoinette Le Falher
  • Révolution Et Chouannerie En Morbihan : 1789-1804 de Jean Guillot