Monarchisme Birman

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En cours de modification et de rédaction 07/12/2015

Monarchisme Birman

Grandes dates de la dynastie Konbaung

1752 : Suite à la destitution de la dynastie Taungû en avril 1752 par les Môns, Alaungpaya, un chef birman, décide de se proclamer nouveau roi de Birmanie, au cours de l'année 1752. Il fonde la dynastie Konbaung, qui fut la dernière de la monarchie birmane, en s'achevant en 1885. Alaungpaya réussit à dominer une partie de la Haute-Birmanie, Pegou, Rangoon et Tenasserim. Il meurt lors du siège d'Ayutthaya en 1760.

1840 : Tharrawaddy Min est né le 14 mars 1787 à Amarapura, en Birmanie. Sous les ordres de son frère, Bagyidaw, il prend part aux combats durant la première guerre anglo-birmane. Il finit par se révolter contre ce dernier en 1837, après avoir fui à Shwebo, siège de la dynastie Konbaung. Il est couronné huitième roi de Birmanie, en 1840. Son règne se caractérise par les tensions avec les Britanniques après avoir rejeté le traité de Yandabo, ratifié par son prédécesseur.

1824 : Début de la première guerre britannico-birmane à cause d'un différend sur la frontière indienne. C'est l'île de Shapuree qui est à l'origine de la première guerre anglo-birmane. En 1823, Bagyidaw proclame la souveraineté de l'île birmane et envoie des troupes chasser les Anglais se trouvant sur place. Les forces birmanes quittent l'île quelques jours plus tard. Les Anglais en profitent donc pour se la réapproprier mais s'en échappent aussitôt à cause d'une épidémie de maladie du sommeil. Les Britanniques tentent de négocier avec les Birmans qui les menacent d'une invasion du Bengale. Finalement, Bagyidaw tente de calmer les esprits mais les Britanniques déclarent à la guerre à la Birmanie le 5 mars 1824.

1826 : Le traité de Yandabo a été signé le 24 février 1826 entre la Birmanie et la Compagnie anglaise des Indes orientales. Il mit fin à la première guerre anglo-birmane, entérinant la victoire anglaise. En vertu du traité, les Birmans durent céder aux Anglais le royaume d'Arakan et les anciens territoires siamois du Tenasserim, accepter leur présence dans leur capitale et ne plus interférer dans les affaires des Etats de Manipur et Assam.

1852 : Après une paix de 25 ans, les Britanniques se remettent en guerre contre les Birmans alors dirigés par le souverain Pagan Min. Le général Henry Godwin débarque sur le territoire avec une troupe de soldats qui fait fuir de Shwedagon les 20 000 Birmans s'y trouvant. Les forces britanniques s'emparent de la province de Pegu ainsi que du delta de l'Irrawaddy. Lord Dalhousie déclare alors l'annexion de Pegu au Radj britannique.

1853 : Mindon Min, frère du roi Pagan Min, s'oppose à la guerre anglo-birmane et décide alors de s'enfuir à Shwebo accompagné de l'un de ses frères. Là-bas, il se révolte et se livre à un combat contre les troupes royales. Au bout de quelques temps, le premier ministre du roi rejoint les rebelles. Pagan Min'n'a alors d'autre choix que d'abdiquer. Son frère décide de ne pas le condamner à mort et monte sur le trône de la Birmanie.

Fin de la dynastie Konbaung

Fondée au début de la seconde moitié du 18ème siècle, la dynastie Konbaung n’est plus que l’ombre d’elle-même lorsqu’âgé de 19 ans, le roi Thibaw Min monte sur le trône le 1er février 1878. Il règne sur la Birmanie amputée de sa partie basse sous domination britannique. Marié à 2 de ses demi-sœurs, il subit déjà l’influence de sa mère la reine Hsinbyumashin et plusieurs haut- fonctionnaires de l’état qui souhaitent la revanche.

Sa montée sur le trône s’est faite dans le sang. La Reine Hsinbyumashin a fait exécuter la plupart des membres de la famille royale (environ une centaine) sous le prétexte que le roi mourant voulait leur dire adieu et a favorisé la montée sur le trône de sa fille et son gendre, un prince fils d'une reine de rang intermédiaire. L’adolescent est manipulé par les tenants de la revanche y compris par son ambitieuse épouse.

La cour royale tente de se rapprocher des français présents en Asie mais en 1885, un incident va provoquer la 3ème guerre anglo-birmane. Refusant de se déchausser devant le roi alors qu’ils étaient priés de le faire lors d’une convocation avec le souverain, les représentants anglais sont alors bannis du royaume. Dans la foulée, le souverain appela à libérer la Basse-Birmanie de l’occupant et infligea une lourde amende à la société Bombay Burmah Trading Corporation , accusée d’avoir fraudé sur l'importance de ses exportations de bois de tek soumises à l'impôt royal. Prétexte de la guerre, elle ne dure que quelques semaines, entre le 22 octobre et le 28 novembre. Le roi est vaincu, ramené comme prisonnier avec son épouse enceinte dans la capitale Mandalay sur un simple chariot. Les britanniques avaient déjà affrété un bateau vapeur qui les amènera tous deux, leur famille, vers un exil sans retour en Inde, dans une maison de tôles.

Thibaw meurt d’un infarctus sans jamais avoir revu son pays en 1916. La reine Supayalay est seulement autorisée à rentrer 3 ans plus tard et meurt le 24 novembre 1925. Les Britanniques lui octroient des funérailles royales et l’enterre à la pagode Shwedagon de Rangoon, entre les tombes de Khin Kyi, mère de l’opposante d’Aung San Suu Kyi, et de l'ancien secrétaire général de l'ONU, U Thant.

Le mouvement monarchiste birman (1916- 1945)

Cadeau du nouvel an 1886 à la Reine Victoria, la Birmanie devient une simple province du Raj Britannique puis colonie jusqu’en 1937.

La révolte contre les britanniques gronde. Les partisans de la monarchie s’organisent mais loin, le souverain exilé n’est plus un symbole, ses filles sous étroite surveillance. Entre 1930 et 1931, le moine astrologue (et érudit de physique) Seya San soulève le pays avec une armée équipée d’épées et de lances puis 1931 se proclame légitime prétendant au trône birman le 23 octobre 1930. Il a reçu le soutien de la veille génération de birmans qui craignent que les anglais ne mettent sur le trône, un étranger. Capturé alors qu’il est en fuite depuis plusieurs mois, le moine est finalement exécuté le 16 novembre à 55 ans par pendaison.

Lors de la Seconde guerre mondiale, le palais de Mandalay est bombardé. L’indépendance ainsi proclamée le 1er août 1943 au sein de la sphère japonaise  permet au docteur Ba Maw  de devenir Premier ministre et de déclare la guerre aux Anglo-américains.il adoptera, pour marquer symboliquement l’indépendance retrouvée, le titre de Mingyi (« grand prince » ou « roi ») en réactivant le rituel de la cour de Konbaung mais ne rappelle pas pour autant les princes exilés. Il n'hésite pas à sefaire apporter depuis Shwebo, ville natale du fondateur de la dernière dynastie birmane, celle de Konbaung, de la « Terre de la Victoire ».

Alors que les britanniques reprennent pied sur le territoire Birman, le Lieutenant-General Shōzō Sakurai propose de restaurer la monarchie birmane le 29 mars 1945 (comme en Indochine) mais l’armée japonaise refusera cette option. Le général Bogyoke Aung San, héros de la lutte contre les japonais et président de la Ligue anti-fasciste pour la liberté du peuple,négocie en 1947 le départ des Britanniques de la Birmanie. Mais avant même d'obtenir le poste de président , le 19 juillet de la même année, il est assassiné avec six de ses ministres à l'instigation de l'ancien premier ministre U Saw. Parmi eux, le prince (Shao) Sam Htun. Certaines rumeurs et assertions faisant allusion à une volonté du général Bogyoke Aung San de restaurer la monarchie comme plein symbole d’indépendance.

Avec le départ des anglais, la république s’installe en janvier 1948 et c'est un prince de l'état de Yawnghwe , le 33ème Sao Shwe Thaik (1982-1962) qui est choisi pour occuper le poste de premier président lors de la proclamation de l'indépendance de la Birmanie (au delà de la Birmanie, le nouvel état est constitué de 5 États (Shan, Kachin, Karen, Karenni [Kayah] et Chin) auxquels s’ajoutera en 1948 : l’Arakan [Rakhin]). L'opposition, notamment communiste, va alors tenter d’éliminer tout ce qui rappelle le passé royal.

La famille royale entre démocratie et dictature

Le 10 avril 1948, le prince George Taw Phaya , petit-fils du Roi est assassiné par les communistes qui l’auraient pris pour un agent de police. Ce n'est pas la première fois qu'un prince Birman fait les affres des tensions politiques. Premier ministre, U Nu ((1907-1995)), co-fondateur de la Ligue anti-fasciste pour la liberté du peuple (AFPFL), gouverne le pays avec l'appui des militaires du général Ne Win et recrée autour de lui une copie de la cour impériale jusque dans les prérogatives royales. Ainsi, U Nu réitère l’opération du roi Mindon qui convoqua un premier concile bouddhique en 1871. Pour construire la pagode Kabar Aye à Rangaun, dont le Bouddha de 500 kg (argent/laiton), assis sur un trône, sert de ‘substitut’symbolique à la fonction royale.

La dictature militaire s’installe en 1962 (arrestation et mort en prison du Sao Shwe Thaik, un de ses fils est assassiné à peine âgé de 17 ans) et toute tentative de réhabilitation de la famille royale est abolie. Un autre petit-fils du Roi, Frederick Taw Phaya Galay (1926-2006) entre dans l’opposition se voit assigné en résidence surveillée entre 1970 et 1980. Refusant la main tendue par les militaires qui se parent des atours de la monarchie à travers l’uniforme kaki (ils nommeront la nouvelle capitale « Naypyidaw » qui veut dire Cité royale), il acceptera de collaborer et financer le Front Patriotique Ma-Ma-Ta (1988-1989). Le gouvernement militaire fait reconstruire le palais de Mandalay en 1989 mais au lieu de le rendre à la famille royale, l’occupe et replace le prince en résidence surveillée entre 1992 à 1998.

C’est en décembre 1993, que les descendants du Roi Thibaw sollicitent l’autorisation de ramener en Birmanie (devenue Myanmar) les derniers corps des enfants du souverain via le prétendant Edward Taw Phaya (né en 1924) et le prince U Soe Win (fils de son frère assassiné et qui entre 2006 et 2008 sera nommé au gouvernement comme directeur du protocole au ministère des affaires étrangères) mais les négociations furent un échec. En 2012, de nouvelles négociations eurent lieu pour ramener le corps du Roi Thibaw d’Inde mais une nouvelle fois ce fut un échec.

Le monarchisme birman en 2015

Aujourd’hui, il reste encore une certaine nostalgie pour la monarchie en Birmanie mais les chances de revoir un « éléphant » sur son trône sont assez minces. Selon Democratic voice of Burma, des centaines de birmans assistèrent aux funérailles de Frederick Taw Phaya Galay incluant des politiciens et leaders étudiants. 2 ans plus tard lors d’une rare interview faîte par le journal anglais Télégraph, le prétendant au trône affirmait que ses sorties étaient l’objet de curiosité mais avouait peu quitter sa résidence à cause des restrictions de déplacement dont il faisait l’objet.

Le prince Taw Phaya Myat Gyi (né le 14 mai 1945) est l’actuel héritier de la couronne Birmane. Il n’existe aucun mouvement monarchiste en Birmanie.